Conte de la tribu des GepranpaltansIl était une fois une tribu très agitée : la tribu des Gepranpaltans. Dans cette tribu, tout le monde courait tout le temps, à tous bouts de champs, pour aller partout et nulle part, pas question de se poser….
Cette tribu était composée de différentes familles ayant chacune leurs caractéristiques propres : on dénombrait ainsi :
- la famille des « Mange-debout » : ceux-là n’avaient jamais le temps de s’asseoir pour manger et prenaient leurs différents repas à la va-vite, sur un coin de table, debout pour faire mille autres choses tout en mangeant, car pas question de perdre de ce temps si sacré !!! Certains membres allaient même jusqu’à jouer à « saute-repas », histoire de gagner encore un peu plus de temps, ou car en toute bonne foi, ils n’avaient pas le « temps » de manger… et tanpis pour leur foie !!!
- la famille des « Rapt-sommeil » : ceux-là rallongeaient leurs journées en empiétant allègrement sur la nuit, raccourcissant au maximum leurs périodes de repos. Inutile de leur parler de sieste, ils vous auraient regardé avec des yeux ahuris : comment, eux faire une sieste, mais voyons quelle perte de temps, quel gaspillage !!! Ils ne se rendaient même pas compte, à quel point ils dépensaient sans compter leur énergie et quel gaspillage ils en faisaient…
- la famille « Saute-congés » : ceux là n’avaient jamais le temps de prendre leurs jours de congés tellement ils étaient « débordés » de travail, qui bien entendu, ne pouvait être fait sans eux… Leurs jours de congés s’accumulaient au grand dam de leurs enfants et de leurs époux(se), qui osaient à peine prononcer le mot explosif de « vacances » ! « Comment ? Prendre des vacances ! Mais je ne suis pas un fainéant moi ! Pour qui me prends-tu ??? »
- la famille « Gesuipartou » : ses membres étaient ainsi investis tout azimut dans diverses associations, du plus petit au plus grand : sportifs accomplis, ils n’avaient pas une minute entre deux entraînements, la leçon de musique et celle de natation, la manifestation pour défendre les causes humaines, la réunion des parents d’élèves, le conseil d’administration etc.…
- la famille « Cémoikifètout » : ceux-ci avaient la particularité de toujours vouloir tout faire eux-même parce que laisser faire les autres leur était inenvisageable : soit parce que ce serait forcément mal fait, soit parce qu’ils culpabiliseraient à l’idée même de ne pas tout faire eux-même, alors ils endossaient tout sur leur dos, qui finissait par être bien lourdement chargé !!!
- la famille « Gesépadirenon » qui croulait sous les tâches les plus diverses parce qu’elle était incapable de refuser ce qu’on lui donnait à faire et que cela se sait très vite dans le bureau, le quartier, la famille !!!
Et alors me direz-vous ? Après tout pourquoi pas, s’ils sont heureux comme cela !!! Oui mais, voilà !!! Ce qu’ignoraient les membres de cette tribu, c’est qu’à trop consommer d’énergie, on finit par ne plus lui laisser le temps de se renouveler et peu à peu, le moteur s’encrasse et voilà le Gepranpaltan qui se met à tousser, pire à cracher, et ultime stade de la déroute, à s’affaisser ! Lui, le Gepranpaltan, à bout de force, le voilà soudain condamné à se reposer quelques temps… !
Imaginez le calvaire d’un Gepranpaltan qui doit se reposer ! Se reposer, Ô terrible châtiment pour un Gepranpaltan ! Suprême désolation ! Le voilà obligé de prendre son temps !!! Et voici que le Gepranpaltan se trouve alors confronté à son pire ennemi de toujours !! Le repos et le grand vide qui l’accompagne… Vide, le mot est lancé ! Oui, vide ! Y a t-il de la place pour le vide dans l’emploi du temps si serré d’un Gepranpaltan ? Non bien évidemment ! Toutes les cases sont remplies, pleines… à craquer ! Et qui craque ? Le Gepranpaltan !
Mais peut-être faites-vous, vous aussi, partie de la tribu des Gepranpaltans ? Si tel est le cas, regardez-vous avec compassion, oh oui, soyez compassion pour les Gepranpaltans et leur entourage, que vous soyez membres de cette tribu ou non ! Parce que ce n’est guère simple la vie d’un Gepranpaltan et surtout, c’est très usant !
Mais alors, que vont-ils devenir ??? C’est vrai quoi, on devine aisément que leur « pile » ne va pas durer éternellement à ce rythme là, alors que peuvent-ils bien faire pour enfin s’autoriser le repos ?
Oh je vous rassure, il y a plein de remèdes possibles !!! Et plus vite ils sont mis en œuvre, et moins la « pile » risque de se décharger…
Prenons les membres de la famille des « Mange-debout » : pourquoi ne profiteraient-ils pas du repas pour s’accorder un moment de paix, d’intimité avec soi-même ou de partage avec autrui : un moment où ils couperaient avec leur agenda si rempli, un moment pour leur corps, rien que pour leur corps, moment de respect envers ce corps qui nous porte depuis tant d’années et plein d’autres encore, notre corps qui ne s’arrête jamais, pensez donc à ces milliards de petites cellules toujours actives, alors s’il vous plait, les mange-debout, entendez la supplique de votre corps qui vous demande un peu de repos, parce que quoi qu’il en soit, lui, continue de travailler !!
Quant aux « saute-repas », si vraiment votre emploi du temps est si serré, prenez le temps à l’avance de vous préparer un encas, un encas à déguster sereinement, non non, pas sur le pouce, là, au soleil en écoutant les oiseaux… Si ! Si ! C’est possible même au bureau ! Rien de tel qu’un gazouillis d’oiseaux grandeur Nature ou à défaut sur un CD (il y a bien un ordinateur qui n’attend que cela dans son lecteur !) pour s’offrir, l’espace d’un instant, l’enchantement de notre mère Nature : instant de quiétude, de détente, trois respirations profondes, votre encas dans votre estomac et vous voilà ressourcé… Et vous verrez, petit à petit, la pause encas s’allongera d’elle-même ! Vous ne me croyez pas ! Allez-y tester ! Les chants des oiseaux vous accompagnent !!!